Le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) alertent sur une crise humanitaire qui s’intensifie en République démocratique du Congo (RDC), où la faim atteint des niveaux alarmants, particulièrement dans les provinces de l’Est en proie aux conflits.
Selon la dernière analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), 26,6 millions de Congolais devraient être confrontés à des niveaux de crise alimentaire ou pire d’ici début 2026, dont 3,9 millions en situation d’urgence alimentaire (phase 4). Ces chiffres marquent une hausse notable par rapport à 2025, où l’on comptait déjà 24,8 millions de personnes en insécurité alimentaire sévère.
L’Est du pays, épicentre de la crise
Les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri et du Tanganyika paient le plus lourd tribut. Les violences armées, les déplacements massifs de population et l’accès restreint à l’aide humanitaire ont plongé près de 10 millions de personnes dans la détresse alimentaire, soit un tiers de la population locale.
Parmi elles, 3 millions vivent déjà une situation d’urgence, représentant les trois quarts des cas recensés à l’échelle nationale.
La malnutrition infantile reste particulièrement préoccupante. En Ituri, au Sud-Kivu et au Tanganyika, la faible diversité alimentaire, le manque de soins et les épidémies récurrentes aggravent un état déjà critique. À l’échelle du pays, près de la moitié des enfants de moins de cinq ans — environ 3,2 millions — souffrent d’un retard de croissance lié à la malnutrition chronique.
Une réponse humanitaire à bout de souffle
Pour la FAO, l’aide agricole d’urgence demeure l’un des leviers les plus efficaces pour répondre à la crise.
« Fournir aux familles vulnérables les outils pour cultiver leur propre nourriture, c’est nourrir aujourd’hui et préparer demain », explique Athman Mravili, représentant par intérim de la FAO en RDC.
Mais faute de financements, l’agence n’a pu soutenir que 217 000 personnes sur les 3,6 millions prévues en 2025. Pour 2026, la FAO a besoin de 127 millions de dollars américains afin d’aider 2,4 millions de Congolais supplémentaires.
Le PAM, de son côté, concentre ses opérations sur l’Est du pays mais doit réduire drastiquement son assistance faute de moyens. En 2025, il espérait venir en aide à 2,3 millions de personnes, mais n’a pu en soutenir que 600 000. L’agence estime à 349 millions de dollars le déficit de financement jusqu’en avril 2026.
« Sans action rapide, des millions de vies sont en jeu et la stabilité régionale pourrait vaciller », avertit Cynthia Jones, directrice par intérim du PAM en RDC. « Le temps d’agir, c’est maintenant. »
Un appel à la communauté internationale
Les deux agences onusiennes appellent à un sursaut de solidarité internationale. Les familles congolaises ne se contentent plus de repas limités : beaucoup vendent leurs biens, leurs terres, voire leurs derniers animaux pour survivre.
Dans un pays où les terres sont fertiles mais les conflits persistants, la faim n’est plus seulement une question de production — elle est devenue une urgence humanitaire et politique.
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J’espère que les choses vont s’améliorer !
Merci pour l’article
Espérons qu’avec votre plaidoyer la communauté internationale viendra en aide
Grâce à votre plaidoyer, tout ira mieux dans le jour à venir.